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Troubles de l’alimentation et agonistes des récepteurs GLP-1 (GLP-1 RAs)

NEDC
28 avril 2026 par
Troubles de l’alimentation et agonistes des récepteurs GLP-1 (GLP-1 RAs)
CEPIA
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Nous pouvons vous envoyer une copie de l'article original. Pour cela, vous pouvez nous contacter à : contact@cepia-poids-alimentation.be. N'hésitez pas également à nous proposer des résumés d'articles.


Ce document, publié par le National Eating Disorders Collaboration (NEDC) australien, examine les liens entre les médicaments GLP-1 RAs — comme le sémaglutide (Ozempic) — et les troubles de l’alimentation.

Qu’est-ce que les GLP-1 RAs ?

Les GLP-1 RAs (agonistes des récepteurs du peptide GLP-1) sont des médicaments initialement développés pour traiter le diabète de type 2. Ils agissent en stabilisant la glycémie (stimulation de l’insuline, suppression du glucagon), en ralentissant la vidange gastrique et en modulant les voies cérébrales de régulation de l’appétit, ce qui augmente la sensation de satiété et réduit la prise alimentaire.

Ces médicaments entraînent souvent une perte de poids, mais celle-ci plafonne avec le temps. À l’arrêt du traitement, les deux tiers du poids perdu sont généralement repris.

La relation entre GLP-1 RAs et troubles de l'alimentation

La recherche sur ce sujet reste limitée, mais plusieurs préoccupations se dégagent :

Risque accru de restriction alimentaire. Les personnes cherchant à perdre du poids présentent souvent des comportements alimentaires désordonnés. La restriction alimentaire élevée — intentionnelle ou non — est un facteur de risque reconnu de troubles alimentaires. Or, les GLP-1 RAs augmentant la satiété et réduisant la faim, ils peuvent induire une restriction alimentaire problématique chez les personnes vulnérables.

Stigmatisation du poids. Malgré la prévalence élevée des troubles de l’alimentation chez les personnes en surpoids, ces dernières se voient souvent proposer des interventions de perte de poids en raison de la stigmatisation liée au poids. Cela peut renforcer des cognitions et comportements nuisibles liés aux troubles alimentaires.

Lien avec le diabète. Entre 12 % et 40 % des personnes atteintes de diabète de type 2 souffrent également d’un trouble alimentaire. Nombre de patients sous GLP-1 RAs pour leur diabète pourraient donc avoir un trouble de l’alimentation non détecté, ce qui complique la prise en charge.

Effets à long terme inconnus. On ne sait pas encore comment une utilisation prolongée de ces médicaments affecte les troubles de l’alimentation, l’image corporelle et le bien-être psychologique. L’effet plateau du médicament pourrait générer une détresse importante chez des individus vulnérables.

Interférences avec les traitements existants. Les GLP-1 RAs perturbent les signaux de faim et de satiété, rendant difficile l’alimentation régulière — un objectif fondamental de la thérapie nutritionnelle pour les troubles alimentaires, y compris pour le BED.

Ce que la recherche dit sur l’utilisation des GLP-1 RAs dans le traitement des troubles de l’alimentation

À ce jour, il n’existe pas de preuves scientifiques suffisantes pour recommander les GLP-1 RAs comme traitement des troubles de l’alimentation, et ils ne sont pas approuvés à cette fin. Les traitements de référence restent les thérapies psychologiques.

Une revue systématique récente a identifié cinq études sur l’efficacité des GLP-1 RAs dans le traitement du BED. Bien que les participants aient montré une réduction significative des épisodes de boulimie, les limites méthodologiques sont importantes : échantillons réduits (70 participants), population principalement en surpoids, durées de suivi courtes, et absence d’évaluation d’autres symptômes (restriction, insatisfaction corporelle). De plus, comme les GLP-1 RAs ne traitent pas les causes sous-jacentes du BED, il est incertain que les bénéfices persistent après l’arrêt du traitement.

Aucune étude similaire n’existe pour les autres troubles de l’alimentation. Des recherches complémentaires sur des populations diversifiées sont indispensables.

Risques potentiels pour les personnes vulnérables

Risques psychologiques :

  • L'arrêt des GLP-1 RAs entraîne souvent une reprise de poids, pouvant déclencher une détresse psychologique et pousser à des comportements alimentaires dangereux pour maintenir la perte de poids.
  • La suppression de l'appétit peut conduire à une restriction alimentaire chronique, qui est un facteur aggravant des troubles alimentaires.
  • Paradoxalement, une restriction excessive peut déclencher des épisodes d'hyperphagie boulimique par réponse physiologique.
  • Les GLP-1 RAs peuvent interférer avec le traitement des troubles de l'alimentation, notamment en rendant difficile le respect d'un rythme alimentaire régulier.
  • Les effets secondaires psychiatriques sont peu étudiés, alors que des interventions similaires (chirurgie bariatrique) ont été associées à des complications sévères : dépression, anxiété, idées suicidaires, perturbations de l'image corporelle.

Risques psychosociaux :

  • Prescrire ces médicaments dans un but exclusif de perte de poids renforce la stigmatisation du poids, avec des effets néfastes sur la santé globale et le recours aux soins des personnes en surpoids.

Risques physiques :

  • Les personnes souffrant de troubles de l'alimentation sont déjà vulnérables aux complications médicales (déséquilibres électrolytiques, problèmes cardiaques, troubles gastro-intestinaux). L'impact des GLP-1 RAs sur ces complications reste mal compris.
  • Certaines personnes peuvent détourner ces médicaments pour contrôler leur poids, à l'instar d'autres médicaments comme les laxatifs. Ce mésusage est associé à un risque accru d'hospitalisation, notamment chez les femmes jeunes.

Recommandations

Pour les professionnels de santé : dépister systématiquement les troubles de l'alimentation avant toute prescription de GLP-1 RAs, informer les patients des effets secondaires, surveiller attentivement les pertes de poids rapides, et s'assurer d'une prise en charge pluridisciplinaire (diététiciens, professionnels de santé mentale). L'intervention précoce est essentielle.

Pour les patients : informer leur médecin de tout antécédent de troubles de l’alimentation ou de problèmes d'image corporelle, comprendre que ces médicaments ne traitent pas les troubles de l'alimentation et ne modifient pas le rapport au corps, et s'informer des effets secondaires pour prendre une décision éclairée.


Source : 

National Eating Disorders Collaboration (NEDC)Eating disorders and GLP-1 receptor agonists (GLP-1 RAs)


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